Mise au point en 2012, cette technique facilite la modification du génome. Elle ouvre de nouvelles opportunités en médecine et marque un tournant majeur dans l’utilisation et la réparation de l’ADN. CRISPR-Cas 9 est un outil puissant, rapide et bon marché qui permet de découper l’ADN, supprimer une séquence, remplacer un fragment ou tout ça à la fois…
Certains chercheurs parlent même de ciseaux moléculaires.

D’un champ d’application très large, la technologie CRISPR-Cas 9 englobe également la mucoviscidose. Elle permet en particulier l’élaboration de nouveaux modèles d’animaux mimant au mieux les symptômes de la maladie chez l’homme et de créer toutes les mutations souhaitées y compris les plus rares.
Par ailleurs, l’utilisation de cellules souches pluripotentes induites décuple les possibilités de cellules-médicaments grâce CRISPR-Cas 9.
Objectif : étudier les mécanismes physiopathologiques, pathologiques, cribler des molécules thérapeutiques et vérifier leur efficacité.

2 procédés possibles pour cibler les bonnes cellules

In vivo qui consisterait à acheminer CRIPS-Cas 9 jusqu’aux cellules cibles. Mais l’épithélium respiratoire est très complexe (il est composé de plusieurs types de cellules qui respectent  une orientation indispensable, qui se renouvellent en permanence et qui sont recouverts d’un mucus épais). A ce jour, les chercheurs ne savent pas encore y accéder.
Ex vivo qui consisterait  à prélever des cellules du malade, les modifier génétiquement en laboratoire puis les réinjecter chez le patient. Ce procédé est actuellement testé chez des souris. Les premiers résultats sont attendus. La surface de l’épithélium respiratoire est gigantesque et les chercheurs estiment qu’il faudrait une modification de 10 à 30 % pour un effet significatif.

Réussir à acheminer CRISPR-Cas 9 dans l’organisme

Outil extraordinaire, CRISPR-Cas 9 ne résout pas la difficulté d’accès aux organes cibles.
Si l’importation de ce matériel se fait facilement in vitro, c’est beaucoup plus compliqué in vivo. Comme pour la thérapie génique l’adénovirus et le lentivirus sont des vecteurs qui présentent des inconvénients. La délivrance du système CRISPR-Cas 9 est un problème à régler.
Avant d’envisager  toute application thérapeutique, les différents travaux in vitro et in vivo devront prouver que la technique est sûre et n’entraîne pas la survenue de mutations « hors cible » dans le génome humain à d’autres endroits que la séquence visée.

Ces obstacles prouvent qu’il ne faut pas nourrir d’espoir à court terme. Par ailleurs, il paraît peu probable d’assister au développement d’un kit CRISPR-Cas 9 pour chaque mutation (il existe plus de 2000 associées à la mucoviscidose). Les chercheurs penchent plutôt en faveur d’un médicament unique pour tous.

La recherche progresse mais cela prend du temps.